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lundi 6 juin 2011

Asperger Syndrom

Ta planète carrée glisse trop sur son axe,
Son axe détaché d'un haut plafond d'étoiles,
Etoiles isolées dans tes yeux, petit prince,
Petit prince en exil, tombé de ta planète.

Ta vérité logique pourtant se désaxe,
Se désaxe et tu n'as, aujourd'hui, que la toile
La toile colorée des rêves qu'on évince,
Qu'on évince, à regret, pour une vérité.

Ta musique est ta langue, un piano ta syntaxe,
Syntaxe qui s'étend sur les touches, et dévoile,
Dévoile aux étrangers tes grands espoirs qui grincent,
Grincent dans les carcans de leur vieille musique.

Qui es-tu ? Dans tes doigts tu malaxes,
Tu malaxes, enragé, des illusions le voile,
Le voile sous lequel on étouffe et on pince
On pince la question qui effraie : Qui es-tu ?

C'est le charbon ardent que ton regard leur jette,
Leur jette jusqu'au cœur qu'ils veulent éviter,
Eviter à tout prix ; il les met en panique !
Panique générale face à l'être inconnu...

(A mon frère Guillaume, atteint du Syndrome d'Asperger, je dédie ce poème.)

Posté le mercredi 13 octobre 2010 17:57

Justice


Autrefois tu passais tes nuits séchant mes larmes
Quand, lasse et abattue, je cessais de lutter
En vain contre leur lâche et froide cruauté : 
Aujourd'hui je suis prête, et je reprends les armes... 

Regarde bien, Papa, s'avancer ta guerrière 
Sur le champ de bataille inondé de lumière ! 
Glaive d'une justice nourrie de ta colère, 
Elle se battra à mort pour te savoir fier...

Posté le mardi 08 juin 2010 00:36

Maman ?

 Un soir de désespoir,
Un moment dans le noir,
Je fais du mal ce soir...
Et soudain cette voix.
J'écoute cette fois,
Et j'entends mon devoir :

"Regarde mon enfant."
Je n'ose lever les yeux !
"Regarde maintenant
Regarde vers les cieux ..."

Et en guise d'étoiles
Deux prunelles rieuses ;
Orion et Betelgeuse
Brillent à travers le voile
De ses larmes d'amour
Qu'elle ne laisse couler,
Abandonnant ce jour
Son masque de dureté.

Le sourire sincère,
Qui sublime ses traits,
Ne vient plus désormais
Seulement d'une mère,
Mais aussi d'une amie
Complice, d'une alliée,
Tâchant de m'enseigner
La valeur de ma vie.

Et cependant mélancolie,
Amer regret des temps passés ;
Je sais déjà que cette nuit
Elle oubliera qu'elle m'a aimé
Elle sombrera dans la folie
Où elle ne cesse de couler ...
Je ne pourrai plus la sauver
Mais j'épie ces moments de vie,
Instants fugaces et chéris,
Où je vois ses grands yeux qui brillent
Du souvenir de sa fille.

# Posté le lundi 19 octobre 2009 19:59